Liste des témoignages sur la répression de Gênes 2001

cesar-france

salut j’ai participer et aux manif et fait mon p’tit tour a Bolzaneto puis Alexandria j’ai subit les violence et les humiliations policières si j’ai réussi a m’en sortir c’est que je pense que je suis non italien et on savait déjà que nos camarades italiens allaient ramasser plus que nous car je me suis aperçu ce jour la que l’Italie n’avais pas fais table rase de son passer fasciste comme nous en France de notre passer collaborateur et coloniale
force et courage and stay oi! ftw

Laurent-Marseille

Je suis allé manifester avec un ami à Gênes en 2001. À cette occasion, on a pu constater la réalité de « l’Europe de la paix » vantée dans les journaux.
Rétablissement des frontières pour empêcher les militant.es d’aller manifester. Alors qu’on nous vantait la liberté de circulation, on s’aperçoit que cette liberté n’est valable que tant qu’on se tient bien.
La situation en ville quant on est arrivé était chaotique. Très vite, on a été pris dans les nuages de gaz lacrymogène de la police italienne et chassés par les charges policières. C’est ce que nous allons connaitre pendant le week-end.
La scène la plus choquante à laquelle nous avons assisté reste l’attaque des policiers contre la manifestation du dimanche. Cette manifestation était massive, populaire et la police a attaqué le cortège sans même se soucier d’attendre ce qui leur sert d’habitude de justification. Des tirs de lacrymo sur le cortège pour briser l’unité de la manifestation. l’Ironie de cette histoire, c’est que cette pratique est devenue routinière chez la police française.

Mathieu-France

Je m’appelle Mathieu et j’étais parmi les 300 000 manifestant-e-s à Gênes en 2001.
J’ai vu la police Italienne tirer volontairement des grenades lacrymogènes sur la manifestation pacifique du dimanche.
J’ai vu les frontières fermées et les manifestants refoulés à la frontière Italienne pour les empêcher de manifester.
Le droit de manifester, d’exprimer ses idées n’est pas un délit mais un droit fondamental.
Je me déclare co-inculpé.

anouk-Belgique

Je ne me rappelle plus si je suis arrivée à Gênes jeudi soir ou vendredi matin, il y a certaines choses qui ont disparu de ma mémoire. Il y a en a d’autres qui par contre ne disparaitront jamais. Nous allions à Gênes manifester contre le G8, contre ces décisions politiques qui se prenaient loin de nos vies, dans des bunkers qui ne pouvaient que produire de politiques mortifères. Mais nous allions aussi à Gênes pour participer une fois de plus à un moment de construction collective de ce que nous nommions comme «la possibilité d’un autre monde». Je me rappelle de la matinée du vendredi, les rencontres avec les ami.e.s venu.e.s d’un peu partout, de Bruxelles, mais aussi de Berlin, Padoue, Malaga, Barcelone. On était content de se retrouver, on se préparait à aller à la manifestation, on ne pensait pas aller à la guerre.

À partir de là tout s’est enchaîné : la tension, la mort et la peur sans fond. J’ai beaucoup d’images en tête sur lesquelles j’ai du mal à mettre des mots. Un boulevard large que nous descendions, une foule compact et décidée, une certaine joie qui tentait de lutter contre la tension palpable qui remontait depuis le bas de cette grande avenue. La chaleur du bitume. Très vite nous avons appris qu’un peu plus bas, la police chargeait violemment contre les manifestants. Nous étions juste à la limite, encore protégées par ceux et celles qui tentaient de résister un peu plus loin, mais nous sentions les gaz qui remontaient, des manifestants aussi, qui ne supportaient plus les coups et les charges. Et puis à un moment, les mots fatidiques se mirent à passer de bouche en bouche. Un coup de feu a été entendu, ils ont tiré, les forces de l’ordre ont tiré. Un mort, un manifestant est mort, il gît au sol. Un mort, la police a tué. Ce dont je me rappelle c’est l’effroi, le corps glacé, la terreur sur les visages, la rage aussi, la sensation que là, d’un coup, la vie de ceux et celles qui avaient décidé de manifester ne valait plus rien. Elle pouvait être sacrifiée pour rétablir l’ordre et sauvegarder le pouvoir des quelques-uns à décider sur la vie de tous. L’appareil répressif n’avait plus de limite. Cette évidence ne m’a plus quitté, elle n’a disparut que bien plus tard, et maintenant que j’écris ces lignes, je prends conscience qu’elle continue à habiter une petite partie de moi, silencieuse, mais présente.

Vendredi soir j’ai appris que plusieurs amis espagnols avec qui j’étais venue avaient été arrêtés. On ne savait rien d’eux, pas moyen d’avoir la moindre information. Plus tard, j’ai appris qu’ils avaient subi violences et humiliations pendant ces deux journées où ils avaient été détenus. À leur sortie le samedi soir, l’autobus madrilène a quitté Gênes sur le champ. Moi et quelques ami.e.s belges sommes resté.e.s, je crois que parce que nous ne savions pas comment quitter la ville. Toutes les voies de sortie semblaient être contrôlées. Nous n’avions pas de véhicule et l’idée de pouvoir être arrêté.e.s dans un bus ou dans un train était tellement présente que nous avons préféré ne pas bouger, prisonnières dans cette ville qui n’en n’était plus une. Personne dans les rues, les commerces fermés, la vie avait déserté.

Dans l’après-midi, après la deuxième manifestation, on nous a dit qu’il fallait quitter le stade où nous dormions. Les forces de l’ordre pouvaient y entrer à tout moment. Je me rappelle de ce moment où nous sommes allé.e.s chercher nos affaires. Ce stade qui avait servi de lieu de campement aux manifestant.e.s venu.e.s d’un peu partout était un espace déserté. Il n’y avait personne. Il restait pourtant des tentes et des sacs, des restes d’affaires qui semblaient avoir été abandonnés. Un hélicoptère survolait le stade en continu, je me souviens de cette sensation d’être une proie cherchant à se cacher dans les coins protégés, prendre nos affaires le plus vite, déguerpir pour sauver notre peau. Je me souviens aussi de cet ami qui se déplace avec des béquilles, sous les feux de l’hélicoptère. Des images qui sont restées gravées dans ma mémoire. Nous avons passé la nuit du samedi dans la gare de Gênes, le seul endroit protégé que nous avons trouvé pour nous sentir un minimum en sécurité. Tard dans la nuit, nous avons parlé un moment avec un journaliste de Europa Press, il pleurait en nous parlant, ils disaient avoir vu l’horreur, il parlait de violence extrême, d’un massacre dans les écoles Diaz où logeaient de nombreux manifestants. Il nous disait en pleurant : « Partez ! Quittez cette ville ! Votre vie est en danger ici ! ». Nous sommes resté.e.s mais nous n’avons pas fermé l’œil. Nous venions d’apprendre que le dernier lieu appartenant à l’organisation du contre-sommet avait été pris d’assaut pas les policiers.

Gênes n’était plus qu’un grand décor dans lequel se livrait une répression infernale, sans fin, sans limite. Le lendemain nous sommes allé.e.s au bureau qui se trouvait en face des écoles Diaz. Il ne restait plus grand monde mais ceux et celles qui étaient encore là ne pensaient qu’à une chose : comment fuir, comment partir, comment quitter Gènes. Quelques téléphones fonctionnaient. J’ai décidé d’appeler ma maman, je ne lui avais pas donné de nouvelles pendant tout le week-end. Je n’ai pu que pleurer, elle aussi. À côté de moi, il y avait un homme d’une quarantaine d’année, un français, il essayait d’appeler sa famille. Il était sous le choc, il avait réussi à s’échapper des écoles Diaz quand la police était entrée. Je me souviens qu’il avait du mal à parler, ses phrases étaient entrecoupées, il voulait raconter l’horreur mais n’y parvenait pas. Je sais qu’à ce moment, j’ai pensé que cette violence était insupportable et que nous allions toutes perdre la tête là, dans les rues de Gênes.

Thierry Brugvin-France

Bonjour,
J’étais présent comme manifestant.
Je n’ai jamais vu une telle violence policière contre des manifestants.
J’ai vu de très nombreuses personnes qui se faisaient attrapées par la police, même sans avoir commis aucun délit et qui étaient frappés à la matraques par plusieurs policiers en uniformes, jusqu’à ce qu’elles s’effondrent sur le sol. Ensuite, elles étaient laissées en sang sur le sol ou embarquer dans des camionnettes.
Je n’ai échappé à ce type de violence qu’en courant très rapidement.
Aussi je dénonce ces pratiques violentes autoritaires et anti-démocratiques.

Vincent Bonnecase – France

J’ai écrit le texte qui suit en août 2001, juste après le G8 de Gênes. Je voulais alors ce récit purement factuel, dénué d’éléments qui puissent véhiculer des sentiments personnels ou des partis-pris idéologiques….

C’était le vendredi 20 juillet 2001, il devait être à peu près quinze heures. J’étais sur la Piazza Manin avec les manifestants qui, comme moi, participaient à la « Pink March », marche pacifique. Quelques dizaines de militants, vraisemblablement des « Black Blocs », sont alors arrivés sur la place, marchant au pas en forme de défilé. Chacun s’est écarté pour les laisser passer. Plusieurs minutes après, j’ai entendu des cris, senti les gaz lacrymogènes, tout le monde s’est mis à courir. C’était la police (j’emploierai les termes de « police » et de « policier » à titre générique, faute de pouvoir précisément définir à quel corps appartiennent les forces de l’ordre qui interviennent dans mon histoire) qui chargeait. Les manifestants de la « Pink March » se sont retrouvés totalement dispersés. Je me suis retrouvé avec une quinzaine d’amis dans une ruelle, cherchant à fuir ce que l’on supposait être un lieu d’affrontement entre police et « Black Blocs ». Un groupe d’une vingtaine de policiers casqués et armés de matraques est arrivé dans la ruelle. Ne sachant pas où aller, on a levé les bras en l’air et on s’est tous assis en signe de non-violence. Les policiers ont couru jusqu’à nous et, sans sommation, sans rien nous dire, se sont mis à nous matraquer. J’entendais des cris, « stop », « arrêtez », mais les coups continuaient. Au bout de quelques minutes, comme j’étais à une extrémité du groupe, ils m’en ont extrait, m’ont jeté dans un coin à deux ou trois mètres et, là, se sont acharnés sur moi. Ils étaient peut-être quatre ou cinq, ils me donnaient des coups de pieds, des coups de matraques, visant d’abord la tête mais aussi le corps et les membres. Profitant d’un moment de répit, je me suis levé tout titubant en disant « calme, calme ». Ils m’ont alors traîné jusqu’au groupe de mes amis immobiles et serrés les uns contre les autres et, d’un signe, m’ont donné l’ordre de me coucher à côté d’eux, ce que j’ai fait. L’un des policiers à continuer à me matraquer, un autre à me donner quelques coups de pieds en visant les testicules. Et puis ils sont partis.

On s’est alors relevé. Deux de mes amis m’aidaient à tenir debout. J’avais la tête en sang, du sang dégoulinait sur mes habits et sur ceux de mon amie contre laquelle j’étais couché pendant la charge. J’avais aussi le front enflé sur la partie gauche. Une autre fille de notre groupe, Leslie, saignait de la tête. On a marché quelques mètres vers une plus grande artère. Une ambulance italienne qui passait s’est fait arrêter par mes amis. Mon amie, qui pleurait et qui était manifestement choquée a voulu venir avec moi mais l’ambulancier, après l’avoir regardée, lui a dit qu’elle ne pouvait pas venir. J’y suis monté avec Leslie, celle-ci étant accompagnée de Gwendal, un autre manifestant de la « Pink March » qui n’avait pas été blessé. A l’hôpital, j’ai été rapidement pris en charge par plusieurs médecins. L’un m’a d’abord désinfecté les plaies puis recousu le crâne avec trois points de suture. Un autre m’a ensuite fait une radio de la tête avant de me dire qu’il n’y avait pas de problème. Un autre m’a enfin fait comprendre que je pourrais repartir après avoir rempli quelques formalités avec la police.

S’en suivent de longues heures, jusque 3 h du matin, dont voici le récit : lire le témoignage complet de Vincent Bonnecase

Frédéric-Belgique

Je m’appelle Frédéric et j’étais parmi les 300.000 manifestant-e-s à Gênes en 2001. J’ai été témoin de la violence policière et je considère que Vincenzo Vecchi et les 9 autres manifestant-e-s ne doivent pas être les boucs émissaires de cette répression d’État.
Vincenzo est sur le banc des accusés, je suis alors à ses côtés en tant que manifestant. Le droit de manifester, d’exprimer ses idées n’est pas un délit mais un droit fondamental.
Je me déclare co-inculpé, je déclare avoir manifesté et je raconte…
… des souvenirs par bribes. Gênes en 2001, c’est la suite logique d’une vague de luttes partout en Europe et ailleurs. Nous venons de Belgique, un groupe d’une dizaine. L’arrivée dans une ville qui se prépare pour un siège, avec des policiers partout. Le soir, sous les étoiles, la fête, le concert de Manu Chao. Le lendemain, première manifestation : nous sommes des dizaines, des centaines de milliers. Le long d’une voie ferrée, nous sommes bloqués. Des affrontements, les gaz lacrymogènes pleuvent sur nous. On voit des gens refluer, en courant, criant « assassini ! ». On reste, mais impossible d’avancer.
Le soir, de retour au stade où nous logeons, la tension est forte, les rumeurs gonflent. On parle de morts, d’attaques policières imminentes. Les hélicoptères tournent et tournent dans le ciel. Il faut partir, se mettre à l’abri. Mais pour aller où ? « Au centre de presse, là, nous serons en sécurité ». Nous sommes quelques-uns à marcher dans la nuit, à nous cacher sous les arbres des hélicoptères, à éviter les patrouilles ; on nous a dit – et on le sent bien – que les garde-fous ont sautés, que rien ne nous protégera si jamais…
Nous arrivons au Centre de presse. Il y a du sang sur les murs et les sacs de couchage, des larmes dans les yeux, du vide dans les regards. La police est venue, les a attaqué. Il ne faut pas rester là. Nous repartons. Nous irons finalement à la gare, où nous croisons des journalistes de la RAI, qui pleurent en racontant l’attaque du Centre de presse. Le jour, enfin. Nous manifestons à nouveau. L’air est chargé de tristesse et de colère.

laia-Belgique

J’ai manifesté à gênes pour construire un autre monde que celui du capitalisme, dans un large mouvement regroupant des personnes d’horizons multiples qui visaient l’émancipation, la construction d’un autre commun.
J’avais entendu les menaces du gouvernement Berlusconi, tentant de nous dissuader, de décourager les venues des manifestant.es issu.es de toute l’Europe.
Une « chronique de la mort annoncée », une organisation de la peur mise en place avec un show télévisé à l’appui (je me souviens des images de sacs « pour y placer des cadavres » qui défilaient sur les écrans accompagnés par les discours d’interdiction de manifester de Silvio Berlusconi).
Hors, trois cent mille personnes sont venues, ont rompu avec l’intimidation.
Trois cent mille personnes dont je faisais partie.
J’étais dans le cortège où s’est fait tuer Carlo Giuliani.
J’ai vu les carabinieri bloquer le passage du cortège.
J’ai vu les blindés nous foncer dessus.
J’ai vu la terreur s’installer sur la ville entièrement militarisée.
J’ai reçu dans le visage comme trois cent mille autres personnes, des gazes lacrymogènes dès les premiers moments.
J’ai vu des carabinieri nous viser avec des armes.
J’ai vu des vieux, des tout jeunes au sol, tabassés sauvagement.
J’ai vu la panique, le chaos et la peur chez des milliers de manifestant-es.
J’ai vu le visage de la haine et les armes pointées des policiers habillés en robocop, se défouler sur des manifestant-es, les mettre à terre et à sang, les matraquer, les menacer de mort en les insultant.
Nous avons couru dans la panique avec des milliers de personnes.

J’ai vu d’autres manifestants courageusement nous défendre en tentant de faire reculer les charges armées. Je n’ai personnellement pas pris les coups, eux et elles les ont pris.
Carlo Giuliani, en faisait partie et l’a payé de sa vie. Il avait vingt ans.
J’ai entendu devant moi les gens crier, « ils nous tirent dessus , courrez courrez, un homme est mort !».
Les cris « assassini, assassini, assassini ! » résonnaient dans toutes les rues.
J’ai su qu’un camion de carabineri avait écrasé Carlo Guliani après la balle.

Plus tard, j’ai rejoint un campement organisé par des activistes italiens, avec des nombreuses personnes très inquiètes de la situation et des violences commises dans toute la ville.
Dans la soirée, j’ai voulu rejoindre avec mes ami.es l’école Diaz . Nous étions venues de Belgique.
Nous voulions rejoindre le centre médiatique pour être informé et éventuellement y dormir.
J’ai croisé des journalistes en larmes de la RAI courir dans la rue déserte la nuit et nous dire de ne pas aller à l’école Diaz, de faire demi tour, qu’ils y avaient vu des civières avec des gens gravement blessés, des vitrines cassées, des portes défoncées, des cris. Qu’une brutalité indicible s’y déroulait.
Ils étaient en état de choc.
J’ai été à l’école Diaz, après l’assaut des policiers, avec quelques amis.
J’y ai vu des personnes traumatisées. J’ai vu des crises de panique , de sidération et l’effroi sur tous les visages.
J’ai vu le sang sur les murs et le sol de l’école Diaz suite aux coups donnés par les policiers. 
J’y ai appris que des personnes y avaient été sauvagement tabassés, et qu’on ne savait pas si ils/elles étaient encore vivant.es. J’ai appris par la suite que des tortures avaient eu lieu dans les commissariats et lors de cet assaut. Tortures qui ont laissé des traces physiques et mentales à de nombreuses personnes. A l’école Diaz comme aux casernes Bolzaneto.
J’ai senti la panique avec mes camarades et nous avons cherché à nous échapper de gênes et des rafles policières.
J’ai vu tout le monde s’enfuir et se cacher.
Les camions blindés et le couvre feu occuper toute la ville.
Je me suis cachée avec des ami-es dans une gare de gênes pour ne pas croiser des policiers à la recherche de manifestants pour continuer leur actes.
J’ai vu les larmes des vieux disant : « Mussolini est revenu »
J’ai vu de nombreux jeunes résister et protéger des manifestant.es.
J’ai lu les témoignages des survivant-es de l’école Diaz et j’ai réalisé à quoi j’avais échappé.
J’ai vu les silences des responsables politiques qui couvraient ses actes barbares.
J’ai entendu les mensonges, les faux témoignages de carabinieri concernant ce qui s’est passé à l’école Diaz.
Aujourd’hui, je veux témoigner pour tous ceux et toutes celles qui ont subi les violences et les crimes commis par l’état italien lors du contre-sommet de gênes. Pour tous ceux et toutes celles qui sont encore poursuivies aujourd’hui, qui ont été condamnés injustement.
Pour tous ceux et toutes celles, sans exception et sans distinction, qui ont résisté courageusement.
Rompre avec la peur qu’ils nous ont insufflée à gênes , rompre avec la tentative de briser psychologiquement et physiquement les personnes, c’est se déclarer aux côtés de Vincenzo Vecchi.
C’est déclarer qu’ aujourd’hui comme hier et demain, nous manifesterons pour changer ce monde. Et nous n’oublierons jamais ce qu’il s’est produit à Gênes. Ils étaient si armés, et nous étions désarmés.

Si violence, il y a eu, elle se situe entièrement du côté des policiers.
Dans ce sens, et pour toutes les manifestations qui auront encore lieu, nous serons nombreux/nombreuses à témoigner.
Vincenzo ne servira pas d’exemple.

Le temps n’exauce pas le souvenir de Gênes.
Manifestante de genova. Manifeste aujourd’hui son soutien inconditionnel.
Liberté pour Vincenzo Vecchi.

(Belgique) le 21 juin 2021

Marco Gobetti-Italia

Mi chiamo Marco Gobetti ed ero tra i/le 300.000 manifestanti a Genova nel 2001. Sono stato testimone della violenza della polizia e ritengo che Vincenzo Vecchi e le/gli altre/i 9 manifestanti non debbano essere i capri espiatori di questa repressione di Stato.
Vincenzo è sul banco degli imputati, quindi sono al suo fianco come manifestante. Il diritto di manifestare, di esprimere le proprie idee non è un reato, ma un diritto fondamentale.
Dichiaro di aver manifestato e mi dichiaro coimputato. Sono riuscito a non subire la violenza fisica fuggendo verso l’entroterra dopo le prime cariche; dall’alto, ho visto le forze dell’ordine fermare uomini e donne a piedi, chiedendo i documenti d’identità e dando in cambio botte in abbondanza.
Marco Gobetti

alberto-italia

Mi chiamo Alberto ed ero tra i 300.000 manifestanti a Genova nel 2001. Sono statə testimone della violenza della polizia e ritengo che Vincenzo Vecchi e gli altri 9 manifestanti non debbano essere i capri espiatori di questa repressione di Stato.
Vincenzo è sul banco degli imputati, quindi sono al suo fianco come manifestante.
Il diritto di manifestare, di esprimere le proprie idee non è un reato, ma un diritto fondamentale.
Mi dichiaro coimputato, dichiaro di aver manifestato e ritengo che la vendetta dello Stato contro chi ha avuto il coraggio di dichiararsi contro la violenza e il sopruso consustanziali all’organizzazione chiamata G8, non sia altro che il tentativo di distrarre la gente dal ricordare e riflettere dai reati penali commessi dalle cosiddette forze dell’ordine per reprimere la manifestazione pacifica e di massa che si è svolta a Genova.
Come sempre la giustizia, dopo anni, ha dato un buffetto a qualche pesce piccolo delle cosiddette forze dell’ordine, perchè è stato troppo zelante ed esuberante nell’attuazione degli ordini ricevuti e ha ricompensato lautamente gli organizzatori della violenza contro i manifestanti, riconosciuti colpevoli dai tribunali internazionali e assolti dai tribunali e dal potere politico italiani.
Vincenzo è stato condannato definitivamente sulla base di una legge fascista – introdotta per motivi politici nel codice penale italiano e mai applicata in precedenza – per mancanza di prove concrete e sostenibili in un processo ordinario, come sarebbe richiesto in un giudizio di merito.
In ogni caso, Vincenzo ha già pagato, con 20 anni di una vita diversa da quella che le persone che hanno partecipato alla stessa manifestazione hanno potuto vivere, il suo eventuale debito con la giustizia e oggi ha il diritto di avere una vita normale, nel villaggio francese dove ha trovato amici e supporto, senza l’angoscia di dover tornare in una prigione dove gli organizzatori della violenza e della tortura di stato contro i manifestanti di Genova non sono mai stati.

Claudia-Italia

Poteva essere una manifestazione pacifica se non ci fosse stato l’intervento della polizia, si camminava tranquillamente per le strade e ogni poco si verificano interventi della polizia senza motivo.
Chi ha commesso certi reati deve pagare le famiglie, i ragazzi colpiti e massacrati di botte e…!

Pietro Della Mea-Italia

Mi chiamo Pietro Della Mea ed ero tra i/le 300.000 manifestantə a Genova nel 2001. Sono stato testimone e anche vittima, sebbene per mia fortuna molto meno di tant’altrə, della violenza della polizia, e ritengo che Vincenzo Vecchi e le/gli altrə 9 manifestantə non debbano essere i capri espiatori di questa repressione di Stato.
Vincenzo è sul banco dell’imputatə, quindi sono al suo fianco come manifestante.
Mi dichiaro coimputato, dichiaro di aver manifestato e di aver visto a Genova il vero volto del potere, una repressione feroce. Ho visto, per esempio, gruppi di carabinieri e di finanzieri accanirsi a manganellate su gente pacifica ormai già stesa a terra, sanguinante. Ho anche subito la violenza di un poliziotto il quale, mentre stavo camminando pacificamente con un amico vicino alla stazione Genova Brignole, ci fermò, ci portò dietro un container, ci intimò di svuotare gli zaini e quando dal mio trassi una mascherina usa-e-getta da bricolage mi tirò prima una manganellata sul polso della mano destra, con cui la stavo reggendo, e subito dopo un’altra sul ginocchio destro (la mascherina mi era stata data da un compagno sul treno di andata da Milano per difendermi da eventuali gas lacrimogeni, quei gas che poi, nella loro variante CS, il cui impiego è proibito in guerra dalla Convenzione di Ginevra, ma contraddittoriamente non lo è nell’ambito nelle manifestazioni, furono effettivamente usati in quantità enorme da polizia e carabinieri contro noi manifestantə).

Christian Mahieux – France

Je m’appelle Christian Mahieux et j’étais parmi les 300.000 manifestant∙es à Gênes en 2001. J’ai été témoin ou victime de la violence policière et je considère que Vincenzo Vecchi et les 9 autres manifestant∙es ne doivent pas être les boucs émissaires de cette répression d’Etat.

Vincenzo est sur le banc des accusé∙es, je suis à ses côtés en tant que manifestant.

Le droit de manifester, d’exprimer ses idées n’est pas un délit mais un droit fondamental.

Je me déclare co-inculpé, je déclare avoir manifesté à Gênes lors du contre-sommet et je peux témoigner de la violence policière, de la répression étatique exercées à ce moment-là.

J’ai manifesté avec mes camarades de l’Union syndicale Solidaires. Notre organisation syndicale a activement participé au contre-sommet, aux diverses initiatives organisées dans ce cadre, dont les manifestations.

Nous avions à l’époque dénoncé cette violence et cette répression.