Comité de soutien à Vincenzo

La Cour de cassation déboute le procureur d’Angers dans son pourvoi et valide le fait que, dès le départ, le comité a posé des questions pertinentes et légitimes comme l’ont confirmé les deux cours d’appel de Rennes et d’Angers. Nous avions donc raison dans nos arguments.

Par contre, elle demande à la Cour de justice européenne située à Luxembourg une interprétation des textes au regard de la complexité juridique de l’affaire. La nouvelle audience de la Cassation est fixée au 22 juin et interviendra à l’issue de l’audience de la Cour de Justice de l’Union Européenne (date non connue à ce jour).

Pour en savoir plus, veuillez consulter notre communiqué de presse.

LES PREUVES DE L’ACHARNEMENT CONTRE VINCENZO VECCHI

Notre lettre ouverte à la Défenseure des Droits et la Commission des Droits de l’Homme 

Par cette lettre ouverte, nous sollicitons votre avis sur l’action du procureur d’Angers dans l’affaire Vincenzo Vecchi.

Un groupe de parlementaires a déjà interpellé Éric Dupond-Moretti le 22 septembre 2020 sur le cas de Vincenzo Vecchi, sans avoir obtenu de réponse à ce jour.

Une tribune parue dans Le Monde le 6 novembre 2020 et signée par de nombreuses personnalités – dont deux anciennes gardes des sceaux Christine Taubira et Marylise Lebranchu, et l’ancienne députée européenne et magistrate Eva Joly – a alerté sur les dérives de la politique pénale européenne, concernant notamment Vincenzo Vecchi.

Aujourd’hui, il nous faut dire par quelle formidable injustice notre ami risque d’être livré à l’Italie, où il est menacé d’une peine de douze ans d’emprisonnement.

Rappel des faits

Vincenzo Vecchi a été arrêté le 8 août 2019 sur le territoire de Rochefort-en-Terre, sous le coup de deux mandats d’arrêt européens. L’un pour des faits relatifs au contre-sommet du G8 à Gênes en 2001, l’autre pour des faits relatifs à une manifestation contre l’extrême droite qui s’est déroulée en 2006 à Milan – ce second mandat s’est révélé être nul et non avenu, la peine ayant déjà été purgée, et pourtant il court toujours dans l’espace Schengen.

Le 15 novembre 2019, la cour d’appel de Rennes a refusé d’appliquer les mandats d’arrêt européens. Le procureur de Rennes s’est pourvu devant la Cour de cassation, qui a cassé cette décision et renvoyé l’affaire devant la cour d’appel d’Angers, qui, à son tour, a refusé la remise de Vincenzo Vecchi aux autorités italiennes.

Quand le parquet général invente des preuves

Lors du renvoi de l’affaire devant la cour d’Angers le 2 octobre, nous avons eu la surprise de découvrir dans le mémoire du procureur d’Angers que Vincenzo Vecchi avait été « interpellé avec des armes incendiaires dites cocktails Molotov dont il avait aussi fait usage »1. C’est FAUX. Il a été arrêté quinze mois après. Les autorités italiennes n’ont donc jamais prétendu qu’il avait été arrêté armes à la main.

De même, quand la justice italienne s’appuie sur le « concours moral » ou la « présence sur les lieux », le procureur d’Angers saute le pas et accuse Vincenzo Vecchi d’« avoir personnellement participé (…) à l’assaut de deux établissements bancaires (…) à la destruction de deux voitures, au pillage d’un supermarché (…) »2 Il va jusqu’à préciser qu’« on le voit notamment (…) voler une bouteille dans un commerce saccagé »2 alors que la justice italienne n’a produit ni photo ni témoin pour appuyer toutes ces allégations.

Nous nous interrogeons sur la nécessité et les raisons, pour le ministère public, d’aggraver les faits au-delà du dossier fourni par l’Italie.

Après le refus de la cour d’Angers de remettre Vincenzo Vecchi aux autorités italiennes, le procureur d’Angers se pourvoit en cassation et prétend recourir au délit de « bande organisée » (article 132-71 CP). Lors des procès de Gênes, cette inculpation n’avait pas été utilisée par la justice italienne, qui a été obligée de déterrer le délit de « dévastation et saccage » (loi créée en 1930 sous le régime de Mussolini) pour pouvoir criminaliser et condamner lourdement les manifestants.

Pourtant, selon le mémoire du procureur d’Angers, l’existence de la bande organisée serait bel et bien établie par la participation de Vincenzo Vecchi à une réunion préparatoire qui se serait tenue la veille de la manifestation du 20 juillet 2001 pour laquelle il a été condamné3. C’est FAUX.

Nous allons produire les vidéos de cette réunion déjà versées aux actes du procès de Gênes – ainsi qu’une transcription assermentée des propos qui s’y sont tenus, preuves que l’élément matériel allégué par le ministère public n’existe pas. Selon le témoignage zampese même d’un membre de la Digos (l’équivalent italien des renseignements généraux) de Gênes, il s’agissait d’une « réunion préparatoire de la manifestation des migrants » qui avait eu lieu le jour même, le 19 juillet 2001 – et qui s’est déroulée sans le moindre incident. Il précise aussi que le lieu où se déroulait la réunion avait été mis à la disposition « du Genoa Social Forum, pour organiser un lieu d’accueil des manifestants ».

Nous constatons donc que le procureur d’Angers avance comme des faits patents des hypothèses que la justice italienne elle-même n’a pas retenues.

Depuis quand une réunion publique pour organiser une manifestation devient-elle une réunion d’organisation et de planification d’actes délictueux ? Par quel miracle une inculpation déjà envisagée et écartée par l’État requérant (l’Italie) devient-elle valable dans l’État d’exécution du mandat d’arrêt européen (la France) ?

Le procureur peut-il changer les motifs d’un mandat d’arrêt européen ?

Le procureur d’Angers extrapole, invente pour prouver à toute force que les faits reprochés à Vincenzo Vecchi entrent dans les trente-deux cas de la loi-cadre du mandat d’arrêt européen qui justifient un renvoi immédiat, pour ne pas être obligé d’admettre, comme l’a fait la cour d’appel d’Angers, que le délit de « dévastation et saccage » n’avait pas d’équivalent en droit français à l’époque des faits. Et pour cause, ce délit opère un dangereux glissement de la présomption d’innocence à celle de culpabilité.

Ce qui nous interroge

Deux cours d’appel (Rennes puis Angers) ont successivement – sur la procédure et sur le fond – refusé la remise de Vincenzo Vecchi, citoyen européen dont la participation à la manifestation de Gênes n’a rien à voir avec ce qu’invoque le procureur général dans son pourvoi en cassation.

L’obstination du parquet à obtenir l’exécution du mandat d’arrêt européen de Gênes « à tout prix » et les accords entre parquets européens pour s’arranger sur leurs demandes réciproques sont-ils plus importants que la loi et l’éthique, plus importants que les principes démocratiques fondamentaux ? N’est-ce pas le signe d’un glissement de la politique pénale européenne, qui rendrait légitime la notion de concours moral ?

Cette obstination découlerait-elle d’un accord conclu entre l’Italie et la France pour exécuter « coûte que coûte » le mandat d’arrêt européen de Gênes ? Nous ne pouvons accepter que Vincenzo Vecchi soit victime d’une pure convention politique.

Dans l’attente d’une réponse, nous vous prions de bien vouloir agréer, Madame la Défenseure des droits, Monsieur le président de la CNCDH, l’expression de toute notre considération.

1. Page 5 des réquisitions du parquet sur demande d’exécution de MAE en date du 6 mars 2020.

2. Page 10 des réquisitions du parquet sur demande d’exécution de MAE en date du 6 mars 2020.

3. Page 12 du « Mémoire à l’appui du pourvoi en cassation formé par le PG » en date du 13 novembre 2020.




Décembre 2020
NOUVEL APPEL A SOUTIEN FINANCIER
Toutes les informations sur cette page.


Vincenzo Vecchi : émission #9 de nouveau l’acharnement judiciaire

C’est une procédure qui est exceptionnelle… à de nombreux point de vue : d’abord au plan humain, bien sûr( … ) mais aussi judiciaire, parce que nous avons connu 4 audiences pour faire face à ce monstre judiciaire potentiel que peut être le MAE…
Dans cette affaire, les avocats n’auraient pas pu faire grand chose sans le comité de soutien (…) et puis bien sûr c’est un combat face à ce monstre judiciaire qui ne peut pas avoir lieu s’il n’y a pas en face des juges qui nous écoutent » (Maxime Tessier, avocat de Vincenzo)

Après le jugement favorable de la cour d’Angers et le pourvoi en cassation du procureur et à la lumière de l’acharnement qui continue de frapper Vincenzo, cette neuvième émission, conçue comme une table ronde, réunit un des avocats de Vincenzo, une ancienne magistrate et quelques membres du comité de soutien de Rochefort-en-Terre.
Elle fait le point sur les éléments juridiques actuels de cette affaire, soulignant le rôle accablant tant de l’Italie que de l’exécutif français et l’aspect de non-droit que le MAE introduit dans la justice européenne.


Vincenzo Vecchi se pourvoit en cassation, face à l’acharnement du Parquet


Suite au verdict équilibré de la chambre d’accusation de la Cour d’Appel d’Angers du 4 novembre, après celui de la Cour d’Appel de Rennes qui, un an auparavant, avait libéré Vincenzo Vecchi, nous pensions qu’il était de l’honneur de la justice d’en rester là, comme le demandaient les signataires de la Tribune (dont Christiane Taubira, Eva Joly et Marylise Lebranchu) parue dans Le Monde le 5 novembre.

Pourtant le procureur d’Angers, apparemment peu respectueux de la notion d’intérêt de la Justice, se pourvoit en cassation en soutenant l’accusation italienne de «Dévastation et Pillage», issue d’une loi fasciste, sur la base du «Concours Moral» qui permet de condamner quelqu’un sur sa simple présence lors d’une manifestation.

Que signifie cette obstination du Parquet, pourtant censé être le garant des libertés
individuelles ?

Face à cet acharnement, Vincenzo Vecchi se pourvoit lui aussi en cassation « incidente » (qui portera sur l’ensemble du dossier) sur la base des solides arguments juridiques développés par ses avocats.

Nous espérons que la Cour de Cassation saura enfin faire cesser l’absurdité de la situation actuelle, en s’appuyant sur le bon sens et la justice.


TRIBUNE DU MONDE

La politique pénale européenne doit être l’expression de nos principes

La justice française a refusé, pour la deuxième fois, mercredi 4 novembre, de remettre à l’Italie le militant altermondialiste. Alors que s’élabore une politique pénale à l’échelle de l’Europe, un collectif de personnalités, parmi lesquelles les deux anciennes ministres de la justice Christiane Taubira et Marylise Lebranchu, appelle dans une tribune au « Monde » à rester vigilant concernant les droits des pays démocratiques qui ne sont pas à l’abri de dérives…
Lire la suite…


  • Alors que nous nous félicitions du verdict, nuancé et globalement favorable, rendu le 4 novembre par la Cour d’appel d’Angers, 
  • alors que le lendemain, à travers une tribune dans « Le Monde », 92 personnalités, dont Christiane Taubira, Marylise Lebranchu et Eva Joly, soulignaient que « l’honneur de la justice française serait de savoir en rester là« , 
  • alors que notre ami Vincenzo pouvait enfin entrevoir le bout du tunnel… 

nous apprenons que le procureur d’Angers se pourvoit en cassation.

Nous sommes atterrés, consternés, révoltés, par cet incompréhensible et délirant acharnement judiciaire qui nous semble relever plus de choix politiques que de cohérence juridique. 

Nous ne connaissons pas encore les motifs invoqués pour cette demande de cassation qui conteste par deux fois les décisions successives des Cours d’appel de Rennes et d’Angers et qui à nouveau fait encourir à Vincenzo la peine initiale de 12 ans de prison en Italie

Parallèlement, on ne peut que s’étonner de la concomitance de ce pourvoi avec le fait que le ministre de l’intérieur italien vient de promouvoir deux policiers condamnés pour falsification de preuves, ce qui a déclenché la sauvage répression de 2001 lors du sommet de Gênes (cf. article de La Repubblica).

Nous voici donc repartis pour un énième épisode de cet éreintant et grotesque feuilleton judiciaire dont l’issue ne sera sans doute pas connue avant plusieurs mois…

Plus que jamais, tous réunis autour de Vincenzo Vecchi,
nous allons continuer le combat !


Déclaration à la presse du Comité de soutien de Vincenzo Vecchi, sur les accusations et le réquisitoire du procureur d’Angers lors de l’audience du 2 octobre 2020

SUITE A L’AUDIENCE DU 2 OCTOBRE…
Délibéré le 4 Novembre


Lettre des parlementaires au ministre de la Justice Dupond-Moretti


Comment soutenir Vincenzo Vecchi le 2 Octobre


VINCENZO, ÇA POURRAIT ÊTRE VOUS !

Interview sur l’affaire Vincenzo Vecchi et l’aspect pernicieux et liberticide des MAE

Vince Libero

10 bonnes raisons de soutenir Vincenzo Vecchi et refuser la procédure de renvoi vers l’Italie !

Nous proposons durant ces dix prochains jours précédant l’audience, de revenir en détail sur l’affaire de Vincenzo Vecchi afin d’informer au mieux et présenter nos 10 bonnes raisons de se mobiliser pour refuser catégoriquement la procédure de son renvoi vers l’Italie !

En raison de la raison que vous connaissez, les 10 bonnes raisons de soutenir Vincenzo sortirons une fois par semaine  le lundi  en attendant de connaître la nouvelle date d’audience…

N’hésitez pas à rediffuser ces dix épisodes dans vos réseaux.


Le Galérien est d’abord interprété par Yves Montand, puis par les Compagnons de la chanson en 1950, ensuite par Armand Mestral, puis Mouloudji en 1958, Félix Leclerc et enfin par de nombreux autres artistes interprètes (Vian…).

Cette adaptation est le fruit d’un travail collectif sur le territoire de Rochefort-en-Terre, bastion du comité de soutien de Vincenzo Vecchi.

Pour connaitre ou apprendre les paroles.



NOUVEL APPEL À DONS POUR SOUTENIR VINCENZO

Toutes les infos sur notre page Soutien financier.


SIGNEZ LA PÉTITION !

A vous qui, partout en France, avez signé le formulaire papier «  Liberté pour Vincenzo Vecchi » nous vous demandons de rendre plus efficace votre geste de soutien en rejoignant la pétition ouverte.

Signez la pétition sur change.org.


Libérez Vincenzo saison 2 : l’épisode de la cassation

La Cour de Rennes avait infirmé les deux mandats d’arrêt européens menaçant Vincenzo Vecchi, aux motifs, pour l’un d’eux, que la peine avait déjà été exécutée, et qu’en général son droit à la défense n’avait pas été respecté. C’est cette atteinte manifeste au droit de la défense que la Cour de Rennes a sanctionnée et donc libéré Vincenzo. Mais, mercredi 18 décembre au matin, la Cour de Cassation a décidé de casser la décision de la Cour de Rennes.

Le principe de « la double défense » – est un droit fondamental européen, sa nécessité a été clairement établie par l’existence du Comité de soutien. En effet, son action a permis d’éviter l’erreur judiciaire, en apportant les preuves à ses avocats français que le Mandat d’Arrêt Européen de Milan était sans objet et que celui de Gênes était défaillant sur de nombreux points. Le principe de « la double défense » est donc non seulement un droit mais une impérieuse nécessité pour garantir un équilibre juste entre la défense et le parquet.

Le parquet aujourd’hui justifie la cassation au prétexte que Vincenzo Vecchi a employé un « si » conditionnel à la présence d’un avocat italien pour sa défense. Cette argutie permet au parquet d’ interpréter à discrétion la loi, quand en réalité la double défense doit être un droit fondamental. Par ailleurs on peut signaler qu’il est scandaleux que l’annonce de la décision du parquet de délocaliser l’appel à Angers soit connu par un tweet empressé du procureur. Incroyable que les réseaux sociaux soient informés avant même le principal intéressé et ses avocats, ce qui confirme la dimension politique de cette communication complaisante tous azimuts.

La délocalisation apparaît comme une tentative d’affaiblissement de l’action du comité, en le privant du réseau de soutien créé à Rennes. Il semble par ailleurs désavouer le travail très sérieux de la cour d’appel de Rennes.

Malgré les manœuvres du parquet, les avocats et le comité de soutien développeront tous les arguments déjà exposés à la cour de Rennes, mais non jugés à ce jour, qui ont démontré les manquements et l’évidente déloyauté de l’Italie dans ce dossier.

Pour finir, et plus généralement, on cherche dans cette injustice un bouc émissaire qui donné en pâture au public, favoriserait la cohésion d’une nation. Sous prétexte d’une identité rendue problématique par les mouvements de populations elle instrumentalise les outils européens pour réaffirmer l’autorité de chaque État.

La justesse de cette cause et son caractère emblématique pour les libertés publiques concerne chacun . En conséquence la mobilisation de tous est nécessaire, vous trouverez ci dessous les différentes possibilités de vous manifester.


Victoire !

Par le délibéré du vendredi 15 novembre, Vincenzo est enfin libéré du centre pénitentiaire de Rennes Vezin.

Il est maintenant parmi nous à Rochefort-en-Terre, comme il l’est depuis 8 ans.

Ce fut une joie de fêter tous ensemble et avec lui cette victoire.

Pour rappel, Vincenzo a participé en 2001 au contre-sommet du G8 à Gênes où la répression policière fut très violente, et en 2006 à un rassemblement antifasciste à Milan.

Il a été condamné à 12 ans et 6 mois de prison, sous le chef d’inculpation de « Dévastation et pillage », délit issu du code Rocco introduit par le régime fasciste en 1930. C’est la première fois, 70 ans après, qu’il est utilisé à l’encontre de manifestant.e.s. Demeurant en France depuis 2011, Vincenzo a été arrêté le 8 août dernier, sous le coup de deux mandats d’arrêts européens.

Vendredi 15 novembre dernier, plus de trois mois après son arrestation, la cour a jugé que :

  • Le mandat d’arrêt européen concernant Milan est sans objet, validant clairement que ce mandat est mensonger. La déloyauté de L’Italie envers la France et par extension envers les autres pays européens est bien réelle : l’Italie a produit un faux puisque Vincenzo a déjà purgé sa peine !
  • Le mandat d’arrêt européen concernant Gênes est irrecevable. Principale cause :  une erreur de procédure de la part de l’autorité judiciaire française. Il s’agit de l’omission de la transmission de la demande de Vincenzo relative à l’assistance d’un avocat en Italie, pays émetteur par l’autorité judiciaire de la France, l’État d’exécution. C’est l’article 695-27 du code de procédure pénal qui, s’il n’est pas respecté, a pour conséquence la nullité de la procédure. En effet, cette omission porte nécessairement atteinte aux droits de la défense. C’est imparable, il y a plusieurs précédents.

Victoire fragile…

Nous nous réveillons au lendemain de cette fête avec un goût amer car encore pleins d’incertitudes par rapport au maintien en liberté de Vincenzo, à court, moyen et long terme.

Malgré la décision de la cour, le parquet, qui possède la mission générale de veiller à l’application de la loi au nom du respect des intérêts fondamentaux de la société se pourvoi en cassation.

Ce qui est rageant, c’est que le délibéré de la cour peut faire croire que seules les autorités judiciaires françaises sont mises en cause par leur erreur de procédure. Ce délibéré peut laisser penser que sans cette erreur le mandat d’arrêt européen concernant Gênes émis par l’Italie pourrait être recevable… Or il n’en est rien !

Dans le fond comme dans la forme, Vincenzo, ses avocats et tout le comité ont apporté énormément de contenu et de nombreux arguments démontrant tout le contraire :

  • Le délit de dévastation et pillage issu du code Rocco mis en œuvre à l’époque fasciste et l’énormité de la peine encourue que ce délit entraine : Vincenzo risque une peine de 13 ans de prison soit une peine équivalente à un crime de sang.
  • La notion de « concours moral » inclut dans ce délit de dévastation et pillage : il n’est pas besoin d’avoir des preuves du délit, la simple présence sur les lieux suffit à rendre la personne complice et donc coupable : dans le dossier du procès de Vincenzo, il n’y a aucune preuve tangible.
  • La disproportion des peines entre les manifestants et les carabiniers incriminés : l’équivalent de 100 ans de prison prononcés à l’encontre de 10 manifestants contre 0 jour de prison réalisé par les carabiniers qui ont tabassé, humilié et torturé des centaines de manifestants de façon systématique et coordonnée lors du contre-sommet du G8 de Gênes. Rappelons que la Cour Européenne des Droits de l’Homme a condamné (en 2017) l’Italie pour actes de torture.
  • La disproportion de la peine prononcée à l’encontre de Vincenzo en Italie par rapport au droit français.
  • La déloyauté des autorités italiennes envers la France, qui ont tenté de prime abord de charger le dossier de Vincenzo en éditant un faux mandat d’arrêt pour Milan. Pour les faits de Gênes, ils n’ont pas transmis le dernier jugement du procès de 2012 mais l’avant dernier qui était plus à charge encore avec une peine à purger plus lourde.
  • La crainte quant à ses conditions de détention s’il était renvoyé en Italie, pays qui ne respecte pas les exigences de la Convention Européenne des Droits de l’Homme.
  • La date à laquelle les faits reprochés se sont produits soit en 2001 ne peuvent pas donner lieu aujourd’hui à un Mandat d’arrêt européen car à l’époque, cette procédure n’était pas actée en Italie. Elle aurait dû avoir recours à une procédure d’extradition qui aurait permis aux avocats de revenir sur le fond du dossier et d’aborder le côté éminemment politique du procès de Gênes.

Ce n’est pas rien et nous sommes toujours très confiants sur la valeur de tous ces arguments.

Ils n’ont pas été mentionné dans le délibéré de la cour qui s’est prononcée sur un élément formel, une erreur de procédure commise par la France, même si elle sous-entend quand-même que les droits à la défense de Vincenzo en Italie ne sont pas assurés.

Qu’en est-il pour Vincenzo aujourd’hui ?

Il est libre en France, mais pas ailleurs en Europe et surtout pas en Italie. Et si le mandat d’arrêt européen est accepté de fait par tous les pays d’Europe lors de son émission, sa nullité n’est acquise que par le pays qui le casse.

Restera-t-il libre au moins jusqu’à la décision de la cour de cassation ?

Impossible d’avoir une réponse claire dans les méandres des procédures.

Que se passera-t-il si le pourvoi en cassation renforce la décision de la cour et maintient l’irrecevabilité du mandat européen concernant Gênes ?

Nous pensions que l’Italie ne pourrait pas émettre un second mandat pour les mêmes faits si le premier a été cassé. En fait, personne ne peut nous le certifier.

Et si la cour de cassation remet en cause la décision du tribunal ?

On recommence tout avec une nouvelle composition de la cour !

Dans ce marasme, comment ne pas être d’abord hébété, sans voix ?

Où se situe la violence ?

Vincenzo est libéré mais n’est pas encore libre. 

L’Italie fait preuve de violence à son égard par son acharnement à le récupérer.

Quelle peur transmet-elle aux personnes manifestant leurs idées qu’elle ne partage pas ? 

L’Italie s’est acharnée sur les manifestants lors du contre-sommet du G8 à Gênes en 2001.

L’Italie s’acharne sur Vincenzo en France en s’exonérant de toute loi :

  • Elle veut le récupérer pour l’exemple 18 ans après pour des faits non prouvés.
  • Elle le fait passer pour un dangereux criminel aux yeux de la justice française en lui mentant
  • Elle émet des mandats d’arrêts européens non recevables pensant que cela passerait comme une lettre à la poste. Et on peut penser que Vincenzo serait déjà remis à l’Italie sans l’énorme mobilisation qui s’est créée juste après son arrestation.

L’Italie s’acharne contre Vincenzo en Italie en inquiétant Viviana, son ex-compagne, mère de sa fille : des policiers ont perquisitionné son domicile le lendemain de l’arrestation de Vincenzo, sans aucun mandat de perquisition, faisant fi de toute loi. Malgré l’irrégularité de la perquisition, elle n’a pas encore pu récupérer les nombreux objets confisqués. Une enquête pèse sur elle en vue d’un futur procès.

Et le gouvernement français, par l’intermédiaire du procureur général, va dans le même sens que l’Italie. La France prend maintenant la même direction avec le pourvoi en cassation du parquet qui remet en cause une erreur de procédure qu’il a lui-même produite ! C’est ahurissant !

L’Italie est très énervée de la décision de la justice française.

La France veut-elle préserver ses rapports avec l’Italie avec ce pourvoi en cassation, se fichant complètement de ce qu’un être humain puisse subir depuis 18 ans ? Et dans ce cas « les intérêts fondamentaux de la société » que le parquet protège sont-ils alors contraires aux droits fondamentaux de chaque être humain qui compose cette société ?

C’est une violence sournoise mais bien réelle qui s’installe progressivement en France et en Europe. L’histoire de Vincenzo en est un exemple parmi tant d’autres.

A l’heure où gouvernements, médias et par extension l’opinion publique condamnent facilement les violences des manifestants sur du matériel, nous condamnons avant tout la violence autoritaire, répressive et judiciaire des États européens qui saccagent les droits fondamentaux et pillent le principe de liberté dont chaque personne devrait jouir.

Nous, comité de soutien à Vincenzo, continuons à nous mobiliser pour que sa libération soit pérenne et assurée.

La Liberté pour Vincenzo, c’est le principe de liberté défendu pour tous !


Un comité de soutien pourquoi ?

Pour de multiples raisons :

Parce qu’avant tout Vincenzo est notre ami, notre voisin, notre camarade.

1/ La légitimité de la condamnation à 2 niveaux :

– Par rapport à la manifestation de Gênes, la répression policière a été condamnée par différentes instances internationales, dont l’une des dernières en 2015 par la Cour Européenne des droits de l’homme. L’Italie a été condamnée pour n’avoir jamais poursuivi en justice, ni même identifié, les auteurs de violences policières contre des militants altermondialistes, en marge du sommet du G8 à Gênes en 2001. Des mauvais traitements pourtant assimilables à des « actes de torture » selon la CEDH.  Ce qui bien évidemment peut questionner la légitimité du jugement.

– Le chef d’accusation sur lequel est basé le jugement « Dévastation et saccage », considéré comme un crime contre l’ordre public. Ce crime a été introduit par le code Rocco de 1930 (donc en période fascisante) et est encore en vigueur aujourd’hui pour réprimer les révoltes de rue. Ce code permet de condamner à des peines de prison de 8 à 15 ans, sans avoir à prouver la culpabilité des inculpés. Il est suffisant de se trouver à un endroit où a lieu le désordre… Le contexte de création de ce chef d’inculpation questionne là-encore la légitimité de cette condamnation.

2/ Le caractère éminemment politique de cette arrestation et extradition.

En effet, l’extrême droite participe de plus en plus fortement au gouvernement italien. Vincenzo ayant été fortement engagé dans la lutte antifasciste, et les accusations prononcées contre lui étant liées à des actions anti-fascistes,  il semble plus qu’évident qu’il servira d’exemple dans cette affaire.

Un comité de soutien pour quoi faire concrètement

Notre 1er objectif est de bloquer la procédure d’extradition, ou au moins la retarder au maximum, afin de donner le temps pour assurer une vraie défense.

Nous espérons qu’il reste en France et ne soit pas « livré » à la justice italienne.

Si vous voulez vous joindre ou soutenir, différents moyens possibles :

  • Vous informer sur les actions en cours via le site www.comite-soutien-vincenzo.org / page Facebook @soutienvincenzo,
  • Nous contacter pour participer au comité de soutien : comite.soutien.vincenzo@gmail.com
  • Soutenir financièrement les frais inhérents pour assurer une défense digne de ce nom.

Le comité de soutien italien

Vous pouvez consulter leur site web : https://www.sosteniamovincenzo.org/

Vous pouvez aussi prendre contact avec eux : info@sosteniamovincenzo.org

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pdf Lettre ouverte 19/08/2019 10:43 188 Ko
pdf Comité de soutien à Vincenzo 13/08/2019 11:59 79 Ko
pdf Pétition format papier 20/08/2019 11:53 56 Ko

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